Témoignage de la valeur de transport.data.gouv.fr
(English version below)
Et appel à ne pas laisser disparaître cette infrastructure au service de la mobilité durable et de la technologie souveraine
2 avril 2026
Nous avons appris que la Direction Générale des Infrastructures, des Transports et des Mobilités (DGITM) devrait réduire drastiquement le financement du Point d’Accès National (PAN) français (transport.data.gouv.fr). Nous souhaitons témoigner de la valeur concrète de ce projet, et de ce que sa réduction drastique de financement représente pour l’ensemble de l’écosystème de mobilité.
Cette plateforme est aujourd’hui une infrastructure active sur laquelle s’appuient 1750 utilisateurs inscrits, et bien d’autres qui y accèdent sans inscription comme en témoignent les millions de consultations aux données par mois. Parmi eux, des autorités organisatrices de la mobilité (AOM) qui s’appuient sur la plateforme pour s’assurer que leurs données sont conformes, de haute qualité, et représentent fidèlement leurs réseaux, ainsi que des réutilisateurs de différents secteurs qui font vivre la promesse de l’open data pour les transports : de l’information fiable et complète pour les voyageurs, et de meilleures politiques de mobilité. La suppression de financement pour cette plateforme aurait des conséquences en cascade.
Le PAN : une infrastructure critique et un accompagnement des AOM
En plusieurs années d’existence, la plateforme a permis à des centaines d’Autorités organisatrices de la Mobilité (AOM) d’augmenter la visibilité de leurs données, de les mettre en qualité et de les rendre conformes grâce à des outils, de la documentation, et de l’accompagnement des équipes de transport.data.gouv.fr. Les régions, par exemple, utilisent de plus en plus le PAN pour recueillir les données des Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) de leur territoire.
Le PAN est aussi un espace actif d’échange entre producteurs et réutilisateurs, un rôle identifié comme primordial lors d’un atelier récent avec les partenaires au projet NAPCORE (National Access Point Coordination Organisation for Europe). Producteurs et réutilisateurs peuvent y échanger directement sur chaque flux de données, comme en témoigne la section discussion du Réseau interurbain liO Occitanie. Des équipes techniques de toutes tailles, des petites collectivités aux grands planificateurs de trajet, s’appuient sur les outils et services du PAN pour améliorer leurs données et mieux informer les citoyens. Certaines repartagent des améliorations faites aux données afin que les producteurs puissent incorporer les changements à la source, et ce de manière privée et sécurisée grâce à l’espace réutilisateur de transport.data.gouv.fr.
Un rayonnement au-delà de la France
Grâce à leur rôle actif au sein de NAPCORE, qui rassemble les Points d’Accès Nationaux de chaque État membre, l’équipe de transport.data.gouv.fr est reconnue comme l’une des références européennes de l’open data de transport. Le PAN n’est pas un catalogue statique : c’est la colonne vertébrale de la donnée de transport en France, et l’un des PAN les plus avancés d’Europe.
Elle est également citée en exemple hors Europe : en mars dernier, lors d’une conférence annuelle sur les données de transport au Japon, transport.data.gouv.fr a été présenté comme un modèle d’inspiration par les acteurs japonais pour leur pays.
De plus, transport.data.gouv.fr est la source principale des données françaises dans la Mobility Database, catalogue mondial de données de mobilité ouvertes maintenu par MobilityData, utilisé par des acteurs publics et privés dans le monde entier, et qui sert lui-même d’infrastructure pour d’autres projets.
Des contributions concrètes à la technologie ouverte et souveraine
L’équipe de transport.data.gouv.fr contribue activement à l’évolution des formats standards GTFS et GBFS, et réglementaires NeTEx et SIRI, en travaillant à construire des ponts entre ces deux référentiels. Elle contribue également aux outils open source de référence, notamment les validateurs canoniques GTFS Schedule, GTFS Realtime et GBFS, eux-mêmes intégrés à la plateforme. Ces contributions bénéficient à l’ensemble de l’écosystème.
La communauté Open Transport, basée en Allemagne, s’appuie sur les Points d’Accès Nationaux pour créer une multitude d’outils ouverts tels qu’OpenTripPlanner et Transitous, qui sont parmi les rares calculateurs d’itinéraires entièrement open source au monde. En France, le projet Open Data University, qui aide les établissements français de formation aux données à travailler sur des enjeux sociaux et environnementaux par la réutilisation de données ouvertes, a proposé les données de transport.data.gouv.fr pour le défi “Tourisme et Trains”.
Conclusion
Les données de transport ouvertes sont une infrastructure publique au même titre qu’une route ou un quai de gare, et méritent un financement adéquat. La souveraineté technologique et la transition écologique sont des enjeux majeurs de notre époque. Ce que la France a construit ici est rare, reconnu internationalement, serait long et coûteux à reconstruire. Nous espérons que ce témoignage collectif contribuera à en assurer la pérennité.
Vous souhaitez soutenir cette initiative ou ajouter votre voix à cette lettre ? Contactez Isabelle de Robert chez MobilityData.
English version
Recognizing the value of transport.data.gouv.fr
And a call not to let this infrastructure in service of sustainable mobility and sovereign technology disappear.
April 2, 2026
We have learned that the Directorate General of Infrastructure, Transport and Mobility (DGITM) is set to drastically reduce the funding of the French National Access Point (NAP), transport.data.gouv.fr . We wish to recognize the concrete value of this project and what its drastic funding reduction means for the entire mobility ecosystem.
This platform is today an active infrastructure relied upon by 1750 registered users, and many others who access it without registration, as evidenced by the millions of data consultations per month. Among them, public transport authorities (PTAs) who rely on the platform to ensure their data is compliant, high-quality, and accurately represents their networks, as well as reusers from different sectors who bring to life the promise of open data for transport: reliable and comprehensive information for travelers, and better mobility policies. The removal of funding for this platform would have cascading consequences.
The NAP: a critical infrastructure and support for Transit Authorities
Over several years of existence, the platform has enabled hundreds of public transport authorities authorities to increase the visibility of their data, improve its quality and ensure compliance through tools, documentation, and support from the transport.data.gouv.fr teams. Regions, for example, are increasingly using the NAP to collect data from intermunicipal public cooperation establishments (EPCIs) in their territory.
The NAP is also an active space for exchange between data producers and reusers, a role identified as essential during a recent workshop with partners of the NAPCORE project (National Access Point Coordination Organization for Europe). Producers and reusers can exchange directly on each data feed, as evidenced by the discussion section of the Réseau interurbain liO Occitanie . Technical teams of all sizes, from small local authorities to large trip planners, rely on the NAP’s tools and services to improve their data and better inform citizens. Some share back improvements made to the data so that producers can incorporate the changes at source, in a private and secure way through the reuser space of transport.data.gouv.fr
A reach beyond France
Thanks to their active role within NAPCORE, which brings together the National Access Points of each Member State, the transport.data.gouv.fr team is recognized as one of the European references for open transport data. The NAP is not a static catalog: it is the backbone of transport data in France, and one of the most advanced NAPs in Europe.
It is also cited as an example beyond Europe: last March, at an annual conference on transport data in Japan, transport.data.gouv.fr was presented as an inspiring model by Japanese stakeholders for their country.
Furthermore, transport.data.gouv.fr is the primary source of French data in the Mobility Database , a global catalog of open mobility data used by public and private actors worldwide, maintained by MobilityData , which itself serves as infrastructure for other projects.
Concrete contributions to open and sovereign technology
The transport.data.gouv.fr team actively contributes to the evolution of GTFS and GBFS standards, as well as regulatory standards NeTEx and SIRI , working to build bridges between these two frameworks. They also contribute to reference open source tools, notably the GTFS Schedule, GTFS Realtime, and GBFS canonical validators, themselves integrated into the platform. These contributions benefit the entire ecosystem.
The Open Transport community , based in Germany, relies on National Access Points to create a multitude of open tools such as OpenTripPlanner and Transitous , which are among the rare fully open source trip planners in the world. In France, the Open Data University project, which helps French data training institutions work on social and environmental challenges through the reuse of open data, has offered transport.data.gouv.fr data for the “Tourism and Trains” challenge.
Conclusion
Open transport data is a public infrastructure in the same way as a road or a train platform, and deserves adequate funding. Technological sovereignty and ecological transition are major challenges of our time. What France has built here is rare, internationally recognized, and would be costly and time-consuming to rebuild. We hope that this collective testimony will contribute to ensuring its sustainability.
Interested in supporting this initiative or adding your voice to this letter? Contact Isabelle de Robert at MobilityData.
Signataires / Signatories
Penelope Ausejo, Bing Maps – Business Development Manager, Freelance
Camille Barneaud, CTO, Railee
Jean-Christophe Becquet, Ingénieur conseil expert en informatique libre, opendata et OpenStreetMap, APITUX
Bertrand Billoud, Open data and API platforms manager, SNCF Holding
Oliver Blanthorn, Independent researcher
Jonah Brüchert, Transitous
Holger Bruch, MITFAHR|DE|ZENTRALE
Thierry Capron, Élu, Mairie d’Audierne
Ethan Charoenpitaks, Contributor, Catenary Transit Initiatives
Laurent Chevereau, Expert, Ecov
Kyler Chin, Directeur exécutif, Catenary
Yoann Couble, Responsable R&D et Innovation, Valraiso
Brede Dammen, Head of National Journey Planner and Standardization, Entur
Julien de Labaca, Consultant, L’explorateur de mobilités
Nicolas de Cocquerel, Chargé de mission Information Voyageurs, Région Auvergne-Rhône-Alpes
Rémi Dehenne, Adhérent, OpenStreetMap France
Erwan Delahaye, Cartographe, TC Infos
Mohamed Amine Didouni, Assistant étudiant, MOTIS
Robin Durner, Collaborateur scientifique, développeur MOTIS / Transitous, Université de Darmstadt
Vincent Fraslin
Cyrille Giquello, Chef de projet IT, Artéfacts.coop
Samuel Goeta, Co-fondateur, Datactivist
Felix Gündling, Researcher, Technical University of Darmstadt
Valentin Hacault, Responsable de l’Open Data University, Latitudes
Adrien Hegy, Contributeur et bénévole, OpenStreetMap/OpenStreetMap France
Théophile Helleboid, SysDevRun
Corentin Joubert, Bénévole, OpenStreetMap
Derek Lee, Transit Analyst, Transit
Vincent Leblond, Président, Tellae
Baptiste Lemoine, Dirigeant, Cipherbliss
Stephen Miller, Policy Lead, Transit
Q Misell, Researcher, Max-Planck-Institut für Informatik
François Olivier, Responsable, Fol’mob
Denis Pansu, Chef de projet Tiers-Lieux, SEM TERRITORIA
Jean-Guillaume Pech, Product Manager, Okina
Frédérick Petit, Responsable Usages Numériques et Innovation, SMMAG
Pierre Pezziardi, Président du conseil de surveillance, La Ceinture Verte
Élisabeth Poirier-Defoy, MobilityData
Félix Pouchain, Responsable de l’équipe data, AREP
Giles Radfort
Clemens Rath, Co-founder, Mitfahrverband e.V.
Gaël Razès, OpenStreetMap
Matthieu Revillard, Secrétaire général de l’association, TC Infos
Diego Roulle, Developer, TC Infos
Jules Saur, Project Manager, Programme Base Adresse Locale
Leonard Scharf, Founder, Riles Tech UG
Matti Schneider, Executive Director, OpenFisca
Johanna Schwach, Conseillère stratégique, Coop carbone
Patrick Steil
Tom Taurines-Cessio, Co-Responsable Pôle Cartographie, TC Infos
Maël Thomas, Responsable, Cartes.app
Camille Thomé, Co-directrice, Réseau vélo et marche
Karen Vancluysen, Secretary General, POLIS
Anne Wegmann, Product Owner, SBB SKI+
William Brookd, Administrateur, TC Infos
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